Bambou noir-40

« On n’est pas malheureux. Mais on n’est pas tranquille quand même. »

C’était Ibrahim, mon ami, chef de village de Konna, au téléphone l’autre jour.

Il me disait, il faut tenir bon, ne pas se laisser entraîner par le courant. Le vent mauvais qui souffle des bords du Niger au Proche Orient, et au-delà.

Tenir bon. Bien sûr la période de vaches maigres pour les subventions publiques à la Culture n’est pas comparable à la crise qui secoue le monde, au sud et ici.

Mais il faut apporter des réponses. Des réponses stratégiques pour une Compagnie qui défend 20 emplois culturels à Biarritz.

Le Versant résiste. Il faut dire que, devant la nécessité, nous avons initié des réponses depuis des décennies.

Nous avons élaboré des techniques de spectacles de structures légères, adaptés aux tournées décentralisées autour du monde. Mais ne vous y trompez pas, cela demande de l’expertise.

Nous avons parié sur la diversité culturelle, sur le voyage et la rencontre, sur l’échange et la mobilité. Aujourd’hui, cela nécessite le respect de certaines valeurs, le travail acharné et la fidélité, la fidélité surtout.

Nous maintenons un équilibre entre les tournées et notre territoire, entre les mers du Sud et Biarritz, entre les créations et la formation d’excellence au Conservatoire Maurice Ravel.

Peut être aussi avons-nous un peu acquis, par notre travail, une  « conscience élargie du monde ». Où en sont-ils ?

« Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus… »

Aujourd’hui, Nesly à Port au Prince, Memo à Mexico, Orlando à Caracas qui a même du mal à communiquer pour monter le dossier du prochain « Marivaux sauvage », Roger à Lomé et Adama à Bamako, devenue ville inquiète, tous connaissent les soubresauts de la crise. Ils tiennent bon.

« … et tant aimés  »

 

Gaël Rabas