La partie d'Amalfitano

"Je ne sais pas ce que je suis venu faire à Santa Teresa" dit Amalfitano. Cet universitaire que viennent voir Pelletier le Français et Espinoza l'Espagnol vit dans cette ville du Mexique avec sa fille Rosa; sa femme Lola l'a quitté après deux ans de vie commune en Espagne; elle s'est prise de passion pour un poète enfermé dans un asile d'aliénés à Mondragon, aux environs de San Sebastian. Lola après avoir quitté Amalfitano erre en Espagne, en France, dort dans un cimetière; ses rencontres avec le poète enfermé sont les seuls moments qui comptent.

Après une errance de plusieurs années elle revient vers son mari et sa fille. Elle va mourir du sida.

Après ce long retour en arrière de leur vie en Espagne, nous retrouvons Amalfitano et Rosa sa fille, étudiante, une jeune fille très belle.

C'est à ce moment-là que l'auteur commence à nous informer des meurtres de femmes.

A la lecture, c'est la partie que j'ai préféré : des images oniriques qui rendent compte de l'angoisse d'Amalfitano, de son mal de vivre, de la violence de la ville; l'image du livre suspendu à un fil à linge dans la cour de la maison; des rêves et parfois des rêves éveillés, Amalfitano qui entend des voix.

"Un vent violent, qui venait de l'ouest alla s'écraser contre le flanc des montagnes de l'est, soulevant sur son passage par Santa Teresa de la poussière, des feuilles de journaux et de cartons jetés dans la rue, et agitant des vêtements que Rosa avait suspendus dans le jardin de derrière, essayait les pantalons d'Amalfitano, se glissait dans les sous-vêtements de sa fille et lisait quelque page du "Testament géométrique"pour voir s'il trouvait là quelque chose qui lui serait utile, quelque chose qui lui fournirait des explications sur le paysage si étrange de rue et de maisons à travers lequel il était en train de galoper ou qui lui fournirait des explications sur lui-même comme vent"

Des images fortes, des visions rendant compte du mental d'Amalfitano bouleversé, de son coeur déchiré.

L'adaptation théâtrale où intervient la video, en très grande partie, n'a pas la force du roman.

Le passage que je viens de citer frappe l'esprit par la puissance de l'évocation de l'image de ce vent.

Beaucoup d'images, des images video dans la transposition théâtrale qui m'ont laissée indifférente, légèrement ahurie, ne comprenanr pas grnad chose au discours d'autant plus que la musique extrèmement forte couvrait les voix des acteurs.

Françoise DORGAMBIDE

2017-02-08 001 001